De plus en plus de pauvres, des riches toujours plus riches, des inégalités accrues.

Le Monde, 7/09/2012 :

La dernière étude de l’Insee va déranger. Ce qu’elle nous dit de l’année 2010, de l’appauvrissement général et de l’enrichissement de quelques-uns, du creusement des inégalités dans un pays qui a la passion de l’égalité, et de l’augmentation du nombre des pauvres (+ 440 000 en un an) devrait provoquer le débat.

Rendu public presque en catimini, dans la nuit du jeudi 6 septembre au vendredi 7, ce travail aussi technique que politique pourrait relancer les polémiques sur l’héritage sarkozyste. Il conforte ceux qui, à gauche, plaident pour une politique économique de soutien à la demande.

Les faits d’abord : en 2010, avec la fin du plan de relance, la crise a fait sentir massivement ses effets. Le niveau de vie médian a baissé de 0,5 %, pour s’établir à 19 270 euros annuels. Dit plus simplement, la moitié de la population a eu, cette année-là, moins de 1 610 euros par mois pour vivre après avoir payé ses impôts directs, l’autre moitié a disposé de plus.

En 2009, la récession avait eu un impact moindre. Du fait des stabilisateurs économiques et de mesures de relance, la progression en euros constants du niveau de vie n’avait fait queralentir : + 0,4 %, contre + 1,7 % par an en moyenne de 2004 à 2008.

UNE ÉVOLUTION « À L’ANGLO-SAXONNE »

La timide reprise de 2010 n’a pas produit de miracle, et presque toutes les catégories de la population, y compris les classes moyennes, ont vu leur niveau de vie baisser, ce recul étant d’ailleurs plus marqué chez les plus pauvres. Seuls les 5 % les plus riches s’en sont sortis. Entre le dynamisme de leurs salaires et les rendements élevés de leurs placements, leur niveau de vie, stable en 2009, a de nouveau augmenté.

Signe qui ne trompe pas, la plupart des indicateurs d’inégalités sont à la hausse. Qu’il s’agisse de l’indice de Gini, passé de 0,290 à 0,299 (0 représentant l’égalité parfaite et 1, l’inégalité extrême) ou des écarts de niveau de vie entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus aisés.

C’est toujours par le haut que se creusent les inégalités, précise l’Insee, confirmant cette évolution « à l’anglo-saxonne » à l’œuvre depuis le milieu des années 1990, que les économistesThomas Piketty et Camille Landais ont décrit dans leurs travaux.

La France a beau être un pays riche, eu égard aux standards internationaux, le nombre des pauvres y augmente. Le taux de pauvreté est passé de 13,5 % à 14,1 %. En 2010, 8,617 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire (964 euros par mois en 2010).

La hausse de la pauvreté est d’autant plus spectaculaire qu’elle résulte, aux deux tiers, d’une augmentation du nombre des enfants pauvres et, pour le tiers restant, d’une augmentation du nombre de pauvres chez les retraités, les inactifs et les chômeurs.

L’institut fait observer que l’augmentation de la pauvreté chez les moins de 18 ans avait été contenue en 2009 par le versement de deux primes exceptionnelles aux ménages (150 euros aux bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire, 200 euros de prime de solidarité active) et par une nette revalorisation des prestations familiales.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s