Le « reste à vivre », une nouvelle approche de la pauvreté.

Un rapport remis au gouvernement mardi 4 septembre et rendu public mercredi 5 , formule des propositions pour mieux aider les personnes ne bénéficiant pas de « moyens convenables d’existence ».

Distribution alimentaire au Restaurant du Coeur d Aubervilliers France.
Distribution alimentaire au Restaurant du Coeur d Aubervilliers France.

Le document recommande la constitution d’un « fonds de secours immédiat » contre le surendettement, une régulation des prix des produits de première nécessité, ainsi qu’une revalorisation des minima sociaux.

Voilà une contribution qui doit alimenter la conférence de lutte contre la pauvreté des 12 et 13 novembre prochains au palais d’Iéna à Paris.

Remis mardi soir entre les mains de la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, et celles de la ministre déléguée en charge de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, le rapport du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) recommande de mieux prendre en compte la notion de « reste à vivre » pour distinguer les plus démunis.

Ce concept, encore peu présent dans les indicateurs de la précarité, désigne les revenus disponibles, moins les dépenses auxquelles on ne peut échapper (loyer, charges, eau, gaz, électricité, assurances, crédits etc.). Le document, s’appuyant à la fois sur les témoignages de personnes pauvres et sur 22 auditions d’experts, dresse des pistes pour alléger le « poids de l’environnement contraint » sur les plus fragiles.

LA PAUVRETÉ TOUCHE ENVIRON HUIT MILLIONS DE PERSONNES AUJOURD’HUI

 « Parallèlement à l’évolution en hausse de la pauvreté, qui touche environ huit millions de personnes aujourd’hui, nous constatons un décrochage des moyens disponibles dans les budgets des plus démunis qui nous pousse à envisager un rattrapage » , explique l’ancien député des Yvelines Étienne Pinte, président du CNLE. À sa création en 1988, le RMI équivalait à un demi-smic. Le RSA, successeurs de l’ancien dispositif, ne représente plus que 40 % du salaire minimum. Le conseil préconise une réévaluation de 25 % du revenu de solidarité et son indexation sur l’inflation.

Dans l’incapacité à faire face à leurs dépenses, de nombreux ménages modestes doivent avoir recours à des achats à crédits qu’ils ne parviennent plus à rembourser. La Banque de France a enregistré 232 000 dossiers de surendettement fin 2011, soit une hausse de 23 % depuis 2008.

Le rapport recommande sur ce point la création d’un « fonds de secours immédiat » dans chaque département pour répondre sans attendre aux accidents de vie« sous forme d’aide ou de prêt à taux zéro » . Ces filets sociaux seraient financés à la fois par les collectivités, l’État, et pourquoi pas les associations.

METTRE EN LUMIÈRE LA « DOUBLE PEINE » QUI FRAPPE DES PLUS MODESTES

Concernant le logement, le CNLE s’inquiète pour les ménages qui ne peuvent plus payer leur loyer. Le conseil souhaite un renforcement de la « politique de prévention des expulsions et d’accompagnement des foyers fragiles pour le maintien dans leur logement ».

Au sujet de l’accès à la consommation, le Conseil veut mettre en lumière la « double peine » qui frappe des plus modestes. « Plus on manque de ressources, plus cher on va payer les factures de téléphonie ou même, faute d’assurance complémentaire, les dépenses de santé » , souligne Didier Piard, directeur de l’action sociale de La Croix-Rouge française qui a présidé le travail du CNLE. Le gouvernement est invité à faire en sorte que les entreprises adaptent « leur offre de produits et de services à destination des clients économiquement fragiles et modestes » , notamment dans les domaines de l’énergie, de la téléphonie et des nouvelles technologies. 

En attendant le grand rendez-vous de novembre qui devra déboucher sur un plan quinquennal de lutte contre la pauvreté, Marisol Touraine et Marie-Arlette Carlotti ont voulu réagir au rapport. Notamment en faisant valoir que le gouvernement s’est « déjà engagé sur des mesures en faveur du pouvoir d’achat des ménages les plus modestes »  avec la revalorisation du smic, de l’allocation de rentrée scolaire, et la réforme des tarifs de l’énergie.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Le-reste-a-vivre-une-nouvelle-approche-de-la-pauvrete-_NG_-2012-09-05-850179/(CRX_ARTICLE_ACCESS)/ACCESS_CONTENT

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