Les victimes de la crise.

Le surendettement est un probléme qui touche majoritairement les populations fragilisées. Et le phénomène n’est pas marginal, même au Luxembourg.

Avec la crise, depuis 2009, les appels affluent au Service d’information et de conseil en matière de surendettement (SICS) à Esch. Des familles qui appellent au secours, souvent dans des situations désespérées.

Dans 90 % des cas, les personnes qui ont franchi la porte du SICS connaissaient une période de chômage ou étaient bénéficiaires du RMG. Des accidents de la vie qui fragilisent des foyers déjà socialement en difficulté : «Souvent, il s’agit de foyers fragilisés. Pour 60 %, ce sont des familles monoparentales, des femmes pour la plupart. Au moindre imprévu, on n’arrive plus à joindre les deux bouts et c’est l’engrenage», explique Christiane Steffen, médiatrice au SICS. Car contrairement aux idées reçues, les personnes qui se sont endettées parce qu’elles vivent au-dessus de leurs moyens sont des exceptions . «En 2012, bien que le sujet soit aujourd’hui thématisé, le surendettement est encore tabou. Les gens qui viennent chez nous doivent dépasser un sentiment de honte et ratent parfois sciemment le premier rendez-vous alors qu’ils ont besoin d’aide. Ils viennent alors quand la situation est vraiment désespérée», raconte Christiane Steffen.


Le plus surprenant dans le profil de ces personnes en surendettement, c’est qu’il s’agit, pour la plupart, de propriétaires. Quasiment la moitié des dossiers traités par le SICS. C’est en 2009 que les choses se sont accélérées puisque les taux de crédit ont explosé, et certaines familles n’ont pas pu suivre cette hausse, les taux variables étant la norme au Grand-Duché. Aujourd’hui, les choses sont rentrées dans l’ordre du côté des taux de crédit mais le logement reste le problème numéro un des foyers surendettés. «Avec des loyers aussi chers au Luxembourg, beaucoup de gens choisissent d’accéder à la propriété. Le logement, c’est souvent la moitié de leur budget! C’est trop. Et les listes d’attente pour les logements sociaux sont énormes. La crise est loin d’être finie…»

Le surendettement suit la courbe du chômage

Au Luxembourg, il n’existe pas encore de loi sur la faillite personnelle, comme cela est le cas en France, par exemple. Un projet de loi sur le redressement personnel est en cours et ne devrait pas tarder à être voté. Cela aiderait des structures comme le SICS à proposer d’autres solutions aux foyers en situation extrêmement difficile. Mais ce qui est sûr, c’est que tant que la crise persistera, les cas de surendettement continueront à se multiplier. «C’est assez flagrant : les courbes du chômage et du nombre de personnes en surendettement se suivent, le lien est évident», conclut la médiatrice. L’organisme planche d’ailleurs sur une méthode avec plus de prévention afin de sensibiliser la population à cette problématique et à venir chercher de l’aide avant que la situation ne soit dramatique.

En 2011, le SICS a répondu à 384 demandes de débiteurs. 86 cas ont fait l’objet d’une ouverture de dossier ayant requis une mobilisation plus importante du service. La population masculine est représentée à hauteur de 46,49 % et la population féminine à hauteur de 53,51 %. Ainsi, la proportion plus élevée de femmes surendettées reflète la répartition suivant le sexe de la population nationale.

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