La Banque postale cède à la pratique des retraits payants.

À partir du 1er septembre, les retraits d’argent effectués par ses clients dans les distributeurs d’autres réseaux sont facturés. Coût : 0,65 euro par opération à partir du sixième retrait.

À partir du 1er septembre, La Banque postale va facturer les retraits d'argent effectués dans les distributeurs automatiques de ses concurrents.

À partir du 1er septembre, La Banque postale va facturer les retraits d’argent effectués dans les distributeurs automatiques de ses concurrents.

La fin d’une exception.

À partir du 1er septembre, La Banque postale facture les retraits d’argent effectués dans les distributeurs automatiques de ses concurrents. Il en coûtera à ses clients 0,65 euro par opération, à partir du sixième retrait. Une révolution pour l’établissement qui était le dernier réseau bancaire à ne pas faire payer ces opérations. «Les “retraits déplacés” ont un coût, car ils nous sont facturés par les autres banques», se justifie-t-on à La Banque postale. Initialement, cette tarification devait entrer en vigueur dès le 1er juin, mais le groupe a finalement accordé un sursis de trois mois à ses clients. «Nous avons décidé de laisser passer l’été, qui est la saison durant laquelle sont effectués le plus de retraits déplacés», souligne son porte-parole.

La Banque postale nuance toutefois l’impact de cette tarification sur ses quelque 10,5 millions de clients. «Nous restons la banque la moins chère et la plus accessible du marché», fait valoir son porte-parole. D’après les relevés du comparateur en ligne banketto.fr, les banques facturent les retraits déplacés de 0,80 à 1 euro, à l’exception des banques en ligne et des assureurs qui ne font pas encore payer ce service. La Banque postale estime en outre que «moins de 10% de notre clientèle est concernée par ces retraits, grâce au maillage très dense de notre réseau, y compris à la campagne». En France, le groupe compte 17.000 points de contact et 6400 distributeurs automatiques de billets. Enfin, selon le porte-parole, «la clientèle fragile ne sera pas affectée car elle pratique le plus souvent les retraits d’espèces en guichet».

Valse des frais bancaires

Des arguments que les associations de consommateurs accueillent avec scepticisme. Pour l’UFC-Que choisir, La Banque postale ne restera pas moins chère bien longtemps. «D’ici à trois ans, au rythme où la banque relève ses tarifs, elle se situera dans la moyenne», déclare Maxime Chipoy, chargé de mission banque-assurance au sein de l’association, cité par Le Parisien. Quant à Serge Maître, président de l’Association française des usagers des banques (Afub), il s’étonne de «l’intérêt pour les établissements bancaires d’appliquer cette mesure si sa portée est si négligeable qu’ils le prétendent». Il rappelle en outre que les banques s’étaient engagées l’été dernier auprès de l’Autorité de la concurrence, après vingt ans de contentieux, à baisser les sommes qu’elles prélèvent sur les retraits en distributeurs et les paiements par carte. «Or, dans le contexte économique actuel où les banques cherchent à doper leurs liquidités, aucun établissement n’a baissé les tarifs qu’il impose aux consommateurs et aux commerçants.» C’est pourquoi Serge Maître enjoint les Français à moins utiliser la carte bancaire. «Mieux vaut s’inspirer des Allemands qui ont davantage recours aux espèces», estime-t-il.

Un conseil qui pourrait faire mouche alors que la valse des frais bancaires s’intensifie. Il y a deux semaines, La Banque postale avait déjà dû s’expliquer sur son projet, révélé par  Le Parisien , de taxer les «comptes dormants», c’est-à-dire ceux sur lesquels aucune opération n’a été effectuée au cours de l’année 2011. Dans un courrier adressé à ses clients, elle annonçait à ses clients qu’elle allait facturer, dès le 1er juin, «des frais de tenue de compte pour inactivité» s’élevant à 35 euros par an. Face au tollé suscité par cette annonce, La Banque postale a repoussé d’un an ce projet. «Nous allons ouvrir une phase de dialogue avec les associations de consommateurs pour définir un juste prix», précise le groupe. Loin d’être satisfait, Serge Maître réclame l’intervention de l’État pour «plafonner ces augmentations tarifaires qui sont facilitées par l’absence d’une réelle concurrence entre les banques».

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