Pauvreté : les structures d’hébergements pour les jeunes sans-abri trop rares.

De plus en plus de jeunes adultes vivent dans la rue. Intimement lié à la crise économique, le phénomène prend de l’ampleur. Il concerne des jeunes qui ne parviennent pas à prendre leur envol, souvent après une adolescence compliquée. Voici l’itinéraire d’un jeune adulte en déroute.

À 22 ans, Michael a connu les nuits dans la rue, les squats, et les foyers pour sans-abri. « J’ai vécu dans la rue deux-trois ans quand même.« 

Ils sont de plus en plus nombreux à mener cette vie-là. Xavier Briké rédige, en ce moment, une étude à leur sujet. Il déclare : « On rencontre de plus en plus de jeunes très déstructurés et en situation de grande précarité. Ces jeunes ont souvent vécu des placements à répétition dans les services de l’aide à la jeunesse. Et puis du jour au lendemain, ils retrouvent tout à fait déconnectés de toute structure d’aide.« 

Ils viennent d’avoir 18 ans et n’ont plus droit aux centres d’hébergement pour adolescents. « Beaucoup de ces jeunes se retrouvent à la gare du midi en journée, sur un banc. D’autres, dans des squats et des maisons abandonnées.« 

« Au début, c’est chouette la rue. Il n’y a rien à faire. On fait ce qu’on veut de nos journées et puis au bout d’un moment, on se rend compte que l’engrenage n’est vraiment pas bon. Et on commence à boire, à se droguer et là, on a déjà un pied dans la tombe.« 

Michael a pu réagir. Même si ce n’est pas l’idéal, il vit à présent dans un centre d’hébergement pour sans-abri adultes. Il a quitté la rue. « On n’a pas peur d’y retourner parce que c’est un endroit qu’on connait. C’est plus l’envie de ne pas y retourner qui nous pousse à continuer.« 

Continuer, pour Michael, c’est aussi l’école et sa première année d’un graduat en infographie.

Ouverture d’un centre pour jeunes sans-abri à Forest :

Michael va bientôt intégrer le premier centre pour jeunes sans-abri entre 18 et 24 ans. Le centre « atome 18-24 » ouvrira les portes à Forest, mi-décembre. C’est une initiative des Petits Riens. Maïté Stievenart est la directrice de ce futur centre. Elle explique : « il y a vraiment une réticence des maisons d’accueil à accueillir ces jeunes-là, parce que le séjour se passait mal ou parce qu’on n’était pas adaptés. Finalement, il n’y avait pas de bonne réussite avec ces jeunes. Dans un centre d’hébergement classique pour adultes sans-abri, les structures sont grosses, et l’apprentissage de l’autonomie prend du temps. Apprendre à devenir autonome n’est pas une chose qui vient tout de suite, je pense donc que dans les structures qui sont plus importantes, c’est difficile de prendre le temps avec les jeunes. On espère avoir plus de temps pour faire cela dans la maison de jeunes à Forest. »  

Les jeunes pourront rester dans ce centre autant de temps qu’ils veulent tant qu’ils y développent un véritable projet de vie. Une quinzaine de places sont prévues. C’est beaucoup trop peu face à l’ampleur du phénomène. La directrice reçoit déjà au moins trois demandes par semaine, alors que le centre n’est pas encore ouvert.

Hélène Maquet

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_pauvrete-les-structures-d-hebergements-pour-les-jeunes-sans-abri-trop-rares?id=7883437

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