Les femmes restent les plus exposées au chômage.

Après avoir pratiquement disparu, l’écart des taux de chômage entre les femmes et les hommes se creuse. Pour plusieurs raisons.

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Le rapport 2012 de l’Organisation internationale du travail confirme que la crise a détruit dans le monde 13 millions d’emplois occupés par des femmes. (Baziz Chibane – Sipa)

Derrière la courbe globale de la hausse continue du chômage depuis 19 mois, se cachent des disparités importantes. Jeunes, seniors, chômeurs de longue durée sont les plus exposés. Les femmes aussi. En vingt ans, l’écart entre le taux de chômage des hommes et celui des femmes s’est progressivement réduit pour devenir pratiquement nul en 2009. Une première depuis 1970, mais qui n’aura duré que quelques mois. Selon les données de l’Insee, il est passé de 3,9 points en 1990 à 0,1 en 2009. Mais après 2009, l’écart s’est de nouveau creusé.

L’Observatoire des inégalités explique cette évolution par la durée de la crise. A partir de 2010, après l’industrie, le secteur tertiaire qui emploie de nombreuses femmes a été lui aussi douloureusement frappé. Sur l’année 2011, le taux de chômage était de 9% pour les hommes et de 10% pour les femmes. Soit 1 point d’écart. Un phénomène qui ne touche pas que la France : le rapport 2012 de l’Organisation internationale du travail confirme que la crise a détruit dans le monde 13 millions d’emplois occupés par des femmes, creusant l’écart à l’échelle internationale.

Mais cette crise qui frappe le tertiaire ne suffit pas à elle seule à expliquer le retour du surchômage des femmes.

  • Temps partiel subi

Caissières, techniciennes de surface, de nombreuses femmes veulent travailler à plein temps mais se voient imposées des temps partiels. Selon les données de l’Insee, parmi les 5,9% des actifs employés en temps partiel subi, ce qui représente 1,5 millions de personnes, 70% sont des femmes.

Certaines femmes à temps partiel déclarent ne pas souhaiter travailler davantage. Mais l’Observatoire des inégalités précise qu’il faut y voir deux explications : leurs faibles rémunérations n’apporteraient pas de gain de niveau de vie avec un plein temps puisqu’ils ne compenseraient pas les frais nécessaires pour la garde des enfants, par exemple. D’autres ne le demandent même pas, anticipant la réponse de leur employeur.

  • Emplois précaires

CDD (contrats à durée déterminée), contrats aidés, intérim : même à temps complet, les femmes se voient plus souvent contraintes à des contrats courts ou précaires que les hommes. Ces contrats imposés majoritairement aux femmes freinent leurs carrières et les exposent plus au chômage. Selon l’OFCE, celles qui retrouvent un travail sont plus nombreuses que les hommes à n’avoir qu’un CDD. De plus, les femmes les moins qualifiées sont les plus touchées, ce qui accentue leurs difficultés de réinsertion.

  • Chômeuses « invisibles »

Nombre de demandeurs d’emploi ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles. Notamment les personnes à temps partiel, à la recherche d’un temps partiel ou d’emploi temporaire. Les demandeurs en activité réduite ou les dispensés de recherche ne sont pas non plus comptabilisés. Parmi ces « invisibles », on trouve des chômeurs de plus de 50 ans et… des femmes. Selon AC! Agir ensemble contre le chômage, les femmes représentent ainsi plus de 60% des demandeurs d’emploi non comptabilisés dans les statistiques officielles.

http://tempsreel.nouvelobs.com/social/20121227.OBS3874/les-femmes-restent-les-plus-exposees-au-chomage.html

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