Fort émoi sur la fin de la bourse étudiante dans l’Aisne

La majorité socialiste du conseil général a décidé de ne plus verser d’aide aux étudiants boursiers. Ceux-ci ont lancé une pétition.

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Pas très loquace, sur ce coup, le conseil général. On pourrait même dire bien embarrassé, par ce ce qui s’apparente à une régression sociale. Lundi, lors de la réunion plénière, les conseillers généraux ont approuvé la suppression pure et simple de l’aide départementale, versée aux étudiants boursiers, en complément d’autres aides. Une somme qui varie selon les dossiers de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Les élus pensaient peut- être s’éclipser en vacances sur la pointe des pieds. Mais c’est bien avec des gros sabots qu’ils ont quitté leur siège départemental.

La pétition en ligne.


Voilà maintenant que la résistance s’organise dans le milieu étudiant. Simon Dubois-Yassa, Saint- Quentinois d’origine et étudiant parti s’expatrier à Lille pour suivre un double cursus d’histoire et de sociologie, a profité de l’aide financière du conseil général dans un temps pas si lointain. Elle lui a permis notamment de financer une partie de son voyage d’étude à l’étranger, l’année dernière. C’est lui qui a lancé mercredi sur internet une pétition qui a recueilli jusqu’à ce jour, plus de 500 signatures. Marqué politiquement à gauche, il ne décolère pas contre la majorité socialiste du Département. « C’est un cercle vicieux. Un étudiant qui n’a plus la bourse, que va-t-il faire ? Dans deux ans, s’il ne peut pas poursuivre ses études, il va se retrouver au RSA*. Le conseil général ne fait pas de la politique, il fait de la gestion comptable », fulmine le jeune étudiant.

Pourquoi les élus ont-ils coupé les vivres aux boursiers ? Depuis le début de l’année, ils doivent faire face à une augmentation vertigineuse des dépenses sociales, notamment le versement du revenu de solidarité activé (RSA*) dont l’enveloppe, chaque année, avoisine les 70 millions d’euros. En sucrant la bourse départementale, le conseil général va réinjecter 3,5 millions d’euros dans cette ligne budgétaire. « Ce n’est pas une politique d’avenir, ce n’est pas logique », n’en démord pas Simon Dubois-Yassa.

« On finira au chômage »

Lucas Monvoisin, étudiant en STAPS à Amiens, sera lui aussi confronté à des difficultés cette année, lui qui comptait sur cette béquille de quelques milliers d’euros « pour être plus à l’aise». « C’est un petit plus, ça m’aurait permis de ne pas être en manque d’argent », ajoute-t-il. Même s’il va passer ses vacances à travailler, comme la grande majorité de ses camarades, ça risque de coincer à un moment ou un autre. Ce petit plus, il devra s’en passer et se priver sur d’autres activités. « La plupart de ces personnes (les élus, ndlr) n’ont plus d’enfant étudiant, et sont bien assises à leur poste. Ils se foutent de notre avenir, ils ne pensent qu’à leur gu…, c’est dégueulasse. Combien vont devoir arrêter les études ? Combien ne trouveront pas de boulot ? Au final on finira au chômage, ça aidera la crise… », commente Laurent, en plus de sa signature sur la pétition. Plus de bourse, fin prématurée des études, débouchées amoindries… Voilà les craintes qu’un simple vote peut engendrer chez les jeunes axonais.

*Lire : RSA, PPE : Réformer les aides des travailleurs pauvres

http://www.courrier-picard.fr/region/fort-emoi-sur-la-fin-de-la-bourse-etudiante-ia195b0n134314

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