Solidarité. Roubaix : les amies de Raquel, au RSA, se mobilisent pour lui payer ses études

Au RSA depuis plusieurs années, Raquel Kasier, Roubaisienne de 43 ans, a obtenu le concours d’entrée pour une formation d’éducateur spécialisé. Le hic, c’est qu’elle ne parvient pas à obtenir de financement. Et ses amies et l’association Femmesfilles2 se mobilisent pour débloquer la situation!

Raquel Kasier : « Au début, c’est gênant, je n’ai pas l’habitude qu’on fasse attention à moi... »

Raquel Kasier : « Au début, c’est gênant, je n’ai pas l’habitude qu’on fasse attention à moi… »

Est-ce possible, même avec la meilleure volonté du monde, de se sortir des minima sociaux ? De la volonté et des capacités, Raquel Kasier a prouvé qu’elle n’en manque pas, en passant un diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) et en réussissant le concours d’entrée de la formation d’éducateur spécialisé à l’IRTS (Institut régional du travail social) de Loos. Mais faute d’argent et de main tendue par les collectivités territoriales, elle pourrait devoir y renoncer…

Mais c’est aussi une histoire d’amitié. Face à la détresse d’une copine, tout un réseau de solidarité se met en place autour de l’association Femmesfilles2. Fin juin, une soirée couscous a déjà permis de récolter 1 400 € et mercredi, les cachets de 25 figurants sur le tournage d’un téléfilm à Roubaix devrait rapporter 2 000 € à l’opération « Raquel et les autres ». Manque environ 1 500 € pour financer la première année d’une formation qui, sur trois ans, coûte selon Raquel 13 788 €.

« Elle est faite pour ce métier »

On s’en doute, Raquel n’est pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche. D’un père brésilien et d’une mère portugaise, elle a vu le jour à Roubaix où elle a suivi un parcours scolaire « chaotique », comme elle-même le qualifie. Une année en BEP, un TUC (l’un des premiers dispositifs d’emplois aidés) en école maternelle, une préparation au BAFA, un BEP secrétariat qu’elle obtient et une année de terminale qu’enceinte, elle ne suivra pas jusqu’au bout. Elle a alors un fils – 23 ans aujourd’hui – qu’elle élève seule à partir de ses deux ans. «Je me suis ensuite consacrée aux miens, à ceux qui m’entouraient » Jusqu’en 2002, où elle obtient un nouveau contrat aidé au collège Anne-Frank de Roubaix. « Pendant cinq ans, j’ai fait l’équivalent du boulot d’un CPE et d’une assistante sociale, raconte-t-elle. C’était mon élément, j’avais trouvé ma place. » Il y a sept ans, elle intègre aussi l’équipe des bénévoles des Restos du Cœur.

Reboostée, Raquel Kasier, qui vit du RSA, reprend les études. Elle passe le DAEU en 2011 puis elle s’inscrit au concours d’éducateur spécialisé. « Elle est faite pour ce métier-là », confirme son amie Zobeïda Beyens, professionnelle du bilan de compétences.

« Quand toutes les portes sont fermées… »

Le concours en poche, les choses se gâtent. Pour payer la formation, elle a besoin d’une aide financière ou d’un contrat de professionnalisation. « J’ai tapé à la porte de Pôle emploi, du conseil général, du conseil régional, du CCAS, la Maison de l’emploi, du PLI, énumère-t-elle. Nulle part ça n’a été possible. » Barrage principal : son âge. La Roubaisienne a quand même maintenu son inscription à l’IRTS de Loos, avec financement personnel. Son dossier doit prochainement passer en commission, mais on lui demande de présenter un plan de financement. Or, une fois qu’elle aura le statut d’étudiante, elle n’aura plus droit au RSA…

« On tape sur les gens qui sont au RSA en disant qu’ils profitent du système, mais toutes les portes sont fermées », déplore une autre amie de Raquel, Aïcha Mezrag. « On a l’impression que si l’on est au RSA, aujourd’hui, il est impossible d’en sortir… » Mais les copines de Raquel Kasier refusent la fatalité. Elles réactivent l’association Femmesfilles2, qui organisait des animations culturelles mais était en stand-by depuis deux-trois ans, et lancent l’opération « Raquel et les autres ».

Un épisode de Magellan, et bientôt les jeux TV ?

Le 29 juin dernier, elles réunissent 70 personnes à leur soirée couscous. Les artistes roubaisiens Franck Depoilly et Nacera Laamary offrent chacun une œuvre et le restaurant tourquennois El Montuno, deux repas, qui sont mis aux enchères. « Au départ, c’est gênant, reconnaît Raquel Kasier. Je n’ai pas l’habitude qu’on fasse attention à moi. Mais ça s’est super-bien passé. »

Zobeïda Beyens, elle, a contacté la directrice de casting de la série Magellan, dont un épisode est en tournage à Roubaix. 25 figurants seront mercredi au lycée Turgot et reverseront leur cachet à l’asso. Parallèlement, les amies de Raquel lancent un appel aux dons. « Après, on fera les jeux télévisés ! », lance Aïcha Mezrag. « Il faut faire quelque chose. »

Elles ont déjà commencé à agir mais espèrent aussi trouver un écho favorable auprès d’élus locaux. Le message est passé…

Contact : femmesfilles2@yahoo.fr

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