Emploi : la précarité s’aggrave pour… ceux qui la subissent déjà

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ANALYSE – Plus de 80 % des embauches se sont fait en CDD au troisième trimestre 2013. Pourtant, la proportion de CDD dans l’emploi total n’augmente pas. Explications de ce paradoxe.

Le contrat à durée indéterminée (CDI) est-t-il en train de disparaître en France? Les statistiques de recrutement pourraient le faire craindre. Au troisième trimestre 2013, 82,6 % des embauches en France se sont faites sous forme de CDD, selon les données publiées ce jeudi par le ministère du Travail. La part des CDD dans les embauches s’est envolée avec la crise, passant d’une moyenne de 72 % au milieu des années 2000 à plus de 78 % en 2009, pour ensuite ne plus redescendre sous les 80 % depuis 2012 (et culminer à 83 % au premier trimestre 2013).

Pourtant, malgré cette précarisation des embauches, les CDI représentent encore la très grande masse des emplois en France. Selon l’Insee, en 2012, 86,5 % des salariés travaillaient en contrat à durée indéterminée. Plus étonnant encore, le taux de postes précaires (CDD, intérim) dans l’emploi total a peu progressé ces dernières années, se stabilisant entre 11 % et 12 %. De quoi y perdre son latin!

Première explication à ce paradoxe: les entreprises peuvent avoir le même nombre de postes dédiés aux CDD et les faire tourner plus vite, avec des contrats plus courts. Les entrées, et les sorties de CDD sont alors plus nombreuses. Ce que confirment les statistiques. Les fins de CDD représentent une part plus importante des sorties d’emploi (10,2 % au troisième trimestre 2012, contre 7 % avant la crise de 2008). Et en dix ans, le nombre de CDD de moins d’un mois a plus que doublé, passant de 1,8 à 3,7 millions entre les troisièmes trimestres 2003 et 2013. En ce sens, la précarité des précaires s’est accrue, tandis que les autres salariés restent protégés: un signe supplémentaire de la dualité du marché du travail français. Il n’est pas certain que la surtaxation des contrats courts, décidée par les partenaires sociaux en janvier 2013, change la donne.

L’autre phénomène est moins déprimant. Si les entreprises embauchent d’abord en CDD, elles transforment ensuite régulièrement ces contrats en CDI. En somme, le CDD sert aujourd’hui de «super période d’essai». Plus que jamais, il est la porte d’entrée des jeunes dans le marché du travail. Mais avec, là aussi, de fortes inégalités: dix ans après leur sortie du monde éducatif, plus de 20 % des jeunes non diplômés sont en emploi précaire, soit une proportion deux fois plus élevée que l’ensemble des salariés français.

http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/02/06/09005-20140206ARTFIG00347-emploi-la-precarite-s-aggrave-pour8230-ceux-qui-la-subisse-deja.php

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