Le chômage bondit encore au mois d’avril

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a encore bondi de 14.800 demandeurs d’emploi, selon les données publiées par les services statistiques du ministère du Travail. La barre des cinq millions de chômeurs dans les trois premières catégories de Pôle emploi devrait être dépassée en mai.

Job seekers visit a National Agency for Employment in Nice

Deuxième mois dans le costume de ministre du Travail et deuxième hausse consécutive du chômage pour François Rebsamen.

Fin avril, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a encore bondi de 14.800, selon les données publiées ce mercredi à 18h par les services statistiques du ministère du Travail. Soit une hausse plus de neuf fois supérieure à celle du mois précédent et surtout la sixième d’affilée. Pis, la progression de fin avril est la 41ème hausse en 43 mois, «bug SFR» de fin août -qui s’était soldé par une baisse surprise de 50.000 chômeurs- compris.

Au total, la catégorie de référence de Pôle emploi recense plus de 3,364 millions de chômeurs, en hausse de 3,5 % sur un an. Un nouveau record absolu, qui porte à plus de 440.200 le nombre de nouveaux chômeurs depuis l’élection de François Hollande en mai 2012. A titre de comparaison, la hausse n’était «que» de +283.700 au cours des 23 premiers mois de présidence Sarkozy, entre mai 2007 et avril 2009. Dit autrement, François Hollande a fait 1,5 fois que son prédécesseur en matière de chômage sur la même période de référence…

Même conclusion à la fin avril si on prend en compte les chômeurs en activité réduite (qui ont travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois, bref qui ont enchaîné un ou plusieurs petits boulots). Sur un mois, leur nombre a encore enflé de 36.400 à la fin avril -il s’agit de la plus forte progression enregistrée depuis septembre 2013-, pour frôler désormais les 4,986 millions d’inscrits dans les catégories A, B et C. La progression sur un an est encore plus conséquente (+4,2 %). Hors «bug SFR», fin avril marque donc la 42ème hausse d’affilée en 42 mois dans ces trois catégories. La barre des 5 millions devrait en toute logique, au rythme actuel, être dépassée à la fin du mois de mai. Il s’agit là encore d’un nouveau record.

Toutes les classes d’âge ressortent sans surprise à la hausse en catégorie A: de + 0,2 % pour les moins de 25 ans à + 0,7 % pour les plus de 50 ans. Quant aux chômeurs de longue durée, leur nombre a bondi en avril de + 1,1 %, à près de 2,115 millions d’inscrits. Là encore, un triste record portant à 42,4 % la part des chômeurs de longue durée parmi l’ensemble des demandeurs d’emploi. Des chômeurs dont l’ancienneté moyenne est en hausse de 2 jours sur un mois et de 34 jours sur un an, à 521 jours désormais! Et surtout dont le nombre n’a pas été orienté une seule fois à la baisse depuis le début de la crise en 2008.

Seule surprise de ce cru de fin avril, la chute de 5,6 % des entrées à Pôle emploi suite à un licenciement économique, quasi stables sur un an, même si elles ne représentent que 2,5 % des nouvelles inscriptions mensuelles. Quant aux sorties, Pôle emploi note un bond de près de 15 % des entrées en stage et surtout une baisse de 7,5 % des cessations d’inscription pour défaut d’actualisation (mais une hausse de 7,5 % sur un an).

Moindre progression que début 2013

Pour François Rebsamen, «ces chiffres reflètent la conjoncture observée en ce début d’année 2014. Ils appellent à la mobilisation générale pour la croissance et l’emploi, à tous les niveaux». Mieux le ministre invite à les analyser «avec prudence» à cause de leur volatilité, tout en affirmant qu’ils «ne dessinent pas encore la tendance du 2ème trimestre» et surtout qu’ils «ne contredisent pas plusieurs tendances de fond». A savoir une moindre progression du nombre de chômeurs que début 2013 et la baisse du nombre de jeunes chômeurs.

Le ministre, qui a quelques difficultés avec les chiffres, a raison et tort. Tout dépend, comme toujours, de la référence que l’on prend. Comparée au 4 premiers mois de 2013, la hausse du nombre d’inscrits en catégorie A est effectivement en recul: elle était de + 31.125 en moyenne il y a un an, contre + 14.200 sur la même période cette année. On peut donc objectivement parler de retournement, voire même d’inflexion de tendance (toujours à la hausse) du chômage. Et on comprend que le nouveau ministre du Travail prenne cette période en référence…

Accélération par rapport à fin 2013

Mais si on se rapporte aux trois derniers mois de 2013 (en excluant septembre dont la hausse de + 48.600 était anormalement élevée en «réaction» à la baisse surprise de -50.000 de fin août), la conclusion est inverse. On note ainsi une nette accélération de la progression mensuelle du nombre de chômeurs: + 5.000 en moyenne au dernier trimestre 2013, contre + 14.200 depuis janvier. On est loin de l’inversion de la courbe ou de retournement. Il faudrait d’ailleurs plutôt parler d’accélération…

D’ailleurs rien n’indique que l’on soit proche d’un quelconque retournement. L’Unedic, le régime d’assurance chômage aux prévisions fiables, pronostique quelque 163.200 chômeurs de plus sur les années 2014 et 2015. Compte tenu que les 4 premiers mois de 2014 ont enregistré 56.800 nouvelles inscriptions, cela implique que 106.400 personnes vont pousser la porte de Pôle emploi dans les 22 prochains mois, dont 46.400 d’ici la fin de cette année…

 

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